Voyager sur la terre, c’est aussi voyager à l’intérieur de soi et faire face à des incompréhensions, des peurs, des croyances ancrées mais limitantes…

Je pense qu’à partir du moment où l’on décide de tout quitter pour voyager et repartir à zéro, s’offrir une renaissance, inévitablement, ça remue à l’intérieur de soi ça amène à se questionner, ajuster, s’aligner, se re-découvrir.

J’ai ressenti une libération, l’impression de sortir d’une boite et de respirer à nouveau l’air frais, de sentir la chaleur des rayons du soleil sur mon visage. La sensation d’être tout en haut d’une montagne et de regarder l’horizon sans fin, une vue qui ouvre le champ des possibles.

Au début, c’était plutôt comme une zone de turbulence dans un avion, ça secoue! On ressent de la peur, de l’angoisse, on a plus de repères tous nos modes de fonctionnement n’existent plus. Je me suis sentie fatiguée, anxieuse sans vraiment trop savoir pourquoi et le tout mêlé à de la joie et de l’enthousiasme.

Après 1 bon mois, je me pose enfin et je revis. Ma créativité reprend doucement sa place et j’apprends à ne pas culpabiliser de prendre le temps de vivre!

Je suis arrivée ici en me disant il faut que je travaille, je ne dois pas dépenser mes sous et les garder pour recommencer ailleurs, je dois faire attention et je me suis mise au pression au point de me sentir de nouveau oppressée. Dès que j’ai ressenti ça je me suis posée et j’ai pris le temps de m’écouter et de me demander pourquoi ces anciennes croyances revenaient et ce qu’elles appelaient en moi. Je viens d’un milieu modeste, ma grand mère, qui m’a en partie élevée, faisait très attention à son argent et calculait tout pour s’en sortir et ça m’a marqué au point que dans mon couple je suis celle qui gère l’argent et qui suis à cheval sur les dépenses ahah à côté de cela j’ai grandi avec mon papa, rêveur, cultivé, philosophe, éveillé mais fauché, j’ai connu la vie avec très peu d’argent et soirée froide parce qu’on tombait à court de mazout et qu’on avait pas d’argent pour en remettre et pourtant je n’ai jamais eu l’impression de manquer de rien. J’avais chez mon papa pour seuls jouets: une boite de crayons de couleurs, un enregistreur cassette et des livres et pourtant je ne m’ennuyais jamais, je ne me suis jamais sentie seule parce que mon papa n’avait peut être pas d’argent sur son compte en banque mais il a su m’offrir bien plus que du matériel, de l’amour, de la bienveillance, il m’a appris à croire en moi, à rêver, à créer, à être curieuse… il me disait toujours: » tout ce que tu veux savoir est écrit dans un livre… « je passais des heures dans les librairies à feuilleter des livres et apprendre. Il a nourri mon enfant intérieur et m’a laissé m’exprimer et découvrir le monde autant dans l’ombre que dans la lumière. Mes grands-parents m’ont enseignés le courage, la ténacité, de se donner les moyens de réussir et de ne jamais baisser les bras, ils m’ont transmis leur histoires et leurs savoirs faire, j’ai été entourée d’une famille aimante et riche de savoirs et de bienveillance ce qui valait plus que tout l’or du monde.

Quand on a connu une vie avec peu de revenu, parce que je suis aussi partie très tôt de chez moi, j’ai toujours eu besoin de liberté ce qui m’a demandé d’allier études et boulot pour payer mes factures, on sait qu’on est capable de s’en sortir mais on a tendance à vouloir éviter de se retrouver dans cette situation et de tout faire pour ne manquer de rien. J’ai donc du me rappeler mon histoire et que même quand je n’avais pas grand chose je n’ai jamais ressenti le manque parce qu’en fait la richesse est ailleurs et l’argent n’achète pas tout!

Je ne veux plus d’une vie à 100 à l’heure, dans le passé il m’est arrivé de travailler 7j/7 pour subvenir aux besoins de ma famille. Aujourd’hui, je veux du temps avec eux, parce que la vie c’est pas travailler et s’épuiser, la vie c’est apprendre et partager. Depuis 3 semaines je refais connaissance avec moi même, je prends le temps de ressentir ce qui me convient ou pas, ce à quoi j’aspire… c’est comme si j’avais à nouveau 15 ans et qu’on me demandait alors tu veux faire quoi plus tard? Quel métier? Tu te vois où? comment? Je sais que j’ai besoin pour être alignée avec qui je suis aujourd’hui d’une vie plus « slow » et d’inverser le rapport à l’argent… je n’ai pas besoin de grand chose et surement pas de travailler pour vivre. Je vis pour créer, créer quelque chose qui me permette de me loger, me nourrir et me vêtir… reste à trouver l’équilibre. Je n’ai jamais été dépensière, pas de sacs ou vêtements de luxe je n’en vois pas l’intérêt mais je respecte les choix de chacun, pas souvent de resto… mais j’aime cuisiner et avant ce changement de vie on partait en vacances 1 fois par an 2 semaines. Depuis qu’on est parti nos dépenses se résument à notre logement, la nourriture, la voiture et l’abonnement de téléphone on tourne à +/-1100€ par mois à 4 ce qui représente plus de la moitié de notre budget d’avant, puisqu’avant notre départ on vivait avec+/- 2400€/mois au max de nos dépenses donc avec un mode de vie plus simple on peut se permettre de travailler moins puisqu’on doit gagner moins pour subvenir à nos besoins. Changer notre mode de vie et de consommation était devenu nécessaire pour moi, même si j’était déjà pas une sur-consommatrice, j’ai ce besoin, cet appel d’aller vers une vie plus simple, en communauté, en partage.

J’aime la vie en communauté que l’on a ici depuis 4 semaines, chacun à son gite, son intimité et en même temps on partage certains espaces et les enfants sont ensembles toute la journée, s’entre-aide, échange et chacun veille sur l’autre avec bienveillance. La buanderie est commune, comme la salle de sport, le coin jeux et bibliothèque et tout roule, pas de conflits. 

Ce voyage permet aux enfants d’être libre, elles grandissent et prennent confiance en elles, rencontre plein de gens et d’enfants, c’est tellement beau de les voir s’épanouir sans pression. 

Autre chose que j’ai arrêté de faire c’est planifier mes journées, avant j’étais du style à remplir mon agenda et ma journée était réglée à la minute parce que j’avais pas le choix dans la vie que je menais mais là je ne saurais plus. Je ne sais pas ce que je vais faire en me levant au matin et c’est tellement bon! Je m’écoute, je prends le temps, je m’autorise à penser, à créer, à me balader à vivre. Je ne veux plus être obligée de faire les choses, je veux vivre par plaisir. Et même si j’ai toujours penser comme ça, je m’étais fait rattraper par cet engrenage de ne plus jamais avoir de temps pour soi, pour du plaisir alors que sens même de s’incarner sur terre c’est de vivre, d’apprendre, de partager, d’échanger et pas de s’épuiser et d’être en désaccord avec soi même.

Je me suis aussi rendue compte que où que je sois l’important c’était de trouver un équilibre pour être bien et en harmonie avec ce qui m’entoure. Le propre de l’être vivant est de s’adapter pour survivre dans les meilleures conditions possibles, rien n’est parfait ça ne sert donc à rien de chercher mais apprécier ce que l’on a sans chercher à avoir plus ou mieux ouvre la voie de l’harmonie. 

On nous a habitué à nous comparer, nous mettre en compétition mais on ne peut comparer ce qui est différent et chaque être vivant est unique et relié à un tout commun. La seule chose à regarder c’est à l’intérieur de vous, êtes vous aligné avec votre coeur ou agissez vous dans la peur et avec votre mental? Votre seule pré-occupation doit être de vous aligner à votre coeur pas d’obtenir la vie d’un autre parce que ce qui le rend heureux ne vous rendra pas forcément heureux. Si vous n’êtes pas bien dans votre vie, rien ne vous empêche de changer les choses, rien n’est jamais figé et ce qui vous bloque vient souvent de vous. Je me suis toujours autorisée à suivre mon coeur, mes intuitions, j’ai changé de métiers à multiples reprises, j’ai changé de vie plusieurs fois, je suis revenue sur des paroles ou agissement… la personne que vous étiez hier ne définit pas celle que vous êtes aujourd’hui et encore moins celle que vous serez demain. On évolue chaque jour, on apprend de ses erreurs, la vie est un apprentissage, c’est un terrain de jeu qu’il faut parfois explorer en prenant de la hauteur. 

Je dis toujours à mes filles que l’important dans la vie ce n’est pas de plaire aux autres c’est de se plaire à soi et d’être fière de soi, de rayonner. Si on fait les choses avec le coeur, avec des intentions pures et sans intérêt personnel mais dans un esprit de communauté et de bienveillance, c’est tout ce qui importe. On a de contrôle que sur soi, c’est à nous de rendre notre vie meilleure avec nos ressources intérieures. 

Changer de vie ne relève pas du courage, je l’ai pensé aussi avant de franchir le pas, il s’agit surtout de se faire confiance et d’utiliser les ressources en nous pour voir le monde différemment et voir à quel point il peut aussi être beau, il faut faire confiance à l’univers. Là où il y a de l’ombre, il y a aussi de la lumière. Il a toujours une dualité dans tout et c’est ce qui forme équilibre on a tendance à l’oublier, il faudrait toujours que tout soit parfait et beau et pourtant c’est dans l’imperfection que nait la beauté. 

Ecoutez votre coeur, il vous murmure à chaque instant le chemin à prendre.

Lyloula Happysoul / Coco

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